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Dossier

Mesrob Moutafian propose d’ériger un mémorial pour les victimes turques et arméniennes de 1915
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Publié le 2004

La voix de la raison...

Invité par les étudiants de l’Université de Bilkent (Ankara) à s’exprimer sur leur site internet, le patriarche arménien d’Istanbul, Mesrob Moutafian, a délivré un important message de paix et de fraternité (le journal turc Hürriyet a reproduit cette déclaration dans son édition du 13 mai 2002).

En mémoire des victimes turques et arméniennes de la tragédie de 1915, et pour que cesse la "culture de la haine", Mesrob Moutafian a proposé que soit érigé, à la frontière entre la Turquie et l’Arménie, un "monument commun" consacré au souvenir et au recueillement. "Construisons un monument commun à la frontière où nous déposerons des fleurs pour toutes les victimes. Partageons le pain et buvons l’eau ensemble" a-t-il déclaré. "Quand il y a un différend, la Bible recommande de le régler rapidement pour éviter qu’il ne soit exploité. Plutôt que de voir les deux parties engager toutes sortes d’actions chacune de son côté, érigeons ensemble un monument à la frontière. Nous irons y déposer des fleurs en souvenir de tous".

Nous, équipe de Tête de Turc, saluons l’initiative pleine d’humanité de Mesrob Moutafian et soutenons sa proposition. Cette dernière va d’ailleurs dans le sens de nos convictions et de ce que nous avons toujours affirmé : la souffrance, dans la tragédie de 1915, a été commune et n’est en aucun cas une exclusivité arménienne. Les Turcs, comme les Arméniens, ont subi des massacres à grande échelle. Le devoir de mémoire impose que l’on se souvienne aussi des victimes des atrocités arméniennes, dont on estime le nombre à 1 300 000. Outre la souffrance, commune est également la responsabilité dans le cataclysme qui a balayé l’Anatolie durant la Première Guerre Mondiale. Il est grand temps pour les Arméniens comme pour les Turcs de l’admettre. Nous pensons qu’une telle reconnaissance ouvrira la voie à la réconciliation tant attendue.

"Lorsque nous discutons avec les Arméniens de la diaspora, ces derniers nous considèrent comme des Turcs et ne nous font pas confiance. Et quand nous parlons avec des Turcs, ils nous voient comme des Arméniens et, eux aussi, ne nous font confiance que jusqu’à un certain point. Nous nous trouvons au milieu du désaccord entre les Turcs et les Arméniens" a ajouté le chef religieux de la communauté arménienne de Turquie, qui a également dénoncé une "culture de la haine" alimentée des deux côtés. "Les gens ne doivent pas fonder leur culture sur la haine et le ressentiment. De même que les jeunes arméniens de la diaspora sont élevés dans la haine des Turcs, en Anatolie, le mot ’arménien’ est utilisé comme une insulte. On parle de ’graine d’Arménien’. Cette insulte, je l’ai même entendue dans la bouche de ministres au Parlement. Il faut mettre un terme à cette culture de la haine et que cesse ce poison" a-t-il souhaité.

A mots couverts, Mesrob Moutafian a aussi critiqué le lobbying anti-turc incessant des organisations de la diaspora arménienne, notamment dans les pays occidentaux. "L’intervention de tiers dans ce différend est à chaque fois déplacée et source de malaise" a-t-il averti, avant de réaffirmer l’attachement des Arméniens de Turquie à leur patrie. "Si les Arméniens de Turquie ont un problème, c’est à Ankara que celui-ci peut être réglé. Au sein de notre Assemblée Nationale. Les députés que nous avons élus doivent se pencher sur ces problèmes et ils le font" a-t-il déclaré. Il répond ainsi à la propagande des lobbies arméniens qui tentent de discréditer la Turquie sur la scène internationale en présentant de manière mensongère les citoyens turcs d’origine arménienne comme les victimes d’un régime "oppresseur".

Et d’évoquer le dilemme vécu par les Arméniens de Turquie : "Nous, les Arméniens de Turquie, nous sentons comme pris entre deux feux. Car nous sommes à la fois turcs et arméniens. Nous sommes comme ces personnes qui ont deux amours : nous aimons à la fois les Turcs et les Arméniens. Notre culture est à la fois turque et arménienne."

Mesrob Moutafian a enfin évoqué l’enchaînement des faits qui a conduit à la tragédie de 1915. "Les événements qui ont débuté dans les années 1890, et même avant, avaient pour cause la double imposition des populations arméniennes en Anatolie. Les premières révoltes et émeutes ont éclaté à cause de cela. Les beys kurdes d’Anatolie ont en effet tenté de prélever par la force un impôt sur les populations locales alors que celles-ci payaient déjà l’impôt à l’Etat. Une réaction est née contre cette situation. Il y a eu un comportement qui consistait à ne pas payer l’impôt. L’armée a réprimé ces révoltes. Cette hostilité naissante, les étrangers l’ont particulièrement exploitée et encouragée. Et une suite de faits a donné lieu aux événements douloureux de 1914-1915. L’important n’est pas de savoir quel nom il faut leur donner. Etait-ce l’écrasement d’une rébellion ? Un génocide ? Des affrontements ? Une guerre civile ? Ou quelle que soit l’appellation que vous voulez utiliser. L’important n’est pas la qualification mais de voir qu’il y a un différend."

L’équipe de Tête de Turc
27.05.02





Mémorial

De l’Anatolie orientale (1914-1922) à l’Azerbaïdjan (1988-1994), les massacres de masse et les atrocités perpétrés par les Arméniens sur les populations turco-musulmanes ont fait plus d’un million de morts.

Pour les victimes sans sépulture de ces génocides inavoués un Mémorial Virtuel a été érigé.

Ce Mémorial est également dédié aux dizaines de victimes du terrorisme arménien (1975-1985) qui a fait couler le sang d’innocents dans les grandes villes d’Europe et des Etats-Unis.

Ensemble, brisons le mur du silence et de l’oubli... Pour que la mémoire vive !

Accès au Mémorial